Journal du confinement

Didier Decoin : « Le confinement, pour un écrivain, c'est une aubaine »

Didier Decoin chez lui, confiné. - Photo Chantal Decoin

Didier Decoin : « Le confinement, pour un écrivain, c'est une aubaine »

Livres Hebdo poursuit la publication de ce « Journal du confinement », réalisé chaque jour par un professionnel du livre différent. Nous avons confié ce deuxième épisode à l'écrivain Didier Decoin, président de l'académie Goncourt.

Par Isabel Contreras
Créé le 19.03.2020 à 19h00

« J’habite à la campagne, dans un bourg d’à peine 300 âmes situé à proximité de Giverny, en Normandie. Dans ma maison avec jardin, ma femme et mon chat Twiggy m’accompagnent. Mes enfants sont disséminés, l’un à Cherbourg, les deux autres à Paris et Montreuil. Nous discutons régulièrement avec eux, via des engins comme WhatsApp ou Skype. C’est dommage de ne pas voir mes petits-filles, elles adorent venir chez nous où elles ont une balançoire et tout ce qu’il faut pour jouer, y compris le chat.
 
Le confinement, pour un écrivain, c’est une aubaine. Je travaille sur ma première BD. Avec l’illustrateur, Marc Jailloux, nous fonctionnons en ping-pong, à coups d’échanges par mail. Nous allons publier à la fin de l’année chez Glénat le premier volume d’une série sur la dynastie des Valois. Elle couvrira les règnes de Louis XI jusqu’à Henri IV.
 
Twiggy le chat- Photo CHANTAL DECOIN
Crainte de contamination
 
J’ai toujours adoré la bande dessinée. En tant que scénariste, mon implication est sans limites puisqu’il n’y a pas de contraintes financières sur ce support ! Je me suis fait plaisir en démarrant par la chute de Constantinople. Un projet qui n’aurait sûrement pas pu voir le jour à la télé…
 
Grâce au confinement, je peux travailler sur tous mes projets en retard. Comme mon prochain roman. Avec mes déplacements et mon activité à l’académie Goncourt, je ne voyais pas comment je pourrais l’avancer. Désormais, l’objectif me paraît atteignable. Je travaille donc sur mes personnages. Je situe l’action au début des années 1920 en Tunisie où des navires de l’Escadre russe mouillent dans la rade de Bizerte avec des milliers de réfugiés fuyant les bolchéviques à bord. Pendant quatre ans, ces personnes seront interdites de poser le pied sur la terre ferme, les colons français craignant la contamination du communisme ! Une ville flottante voit le jour. Je déterre cette histoire vraie à travers le personnage d’une jeune fille aristocrate russe et d’un jeune Kabyle…

Une série avec Isabelle Adjani
 
Enfin, je prépare aussi une série télé sur Diane de Poitiers qui devrait être interprétée par Isabelle Adjani. Réalisée par Josée Dayan, elle sera tournée à la fin de l’été ou au début de l’automne… Qui sait ?
 
Ma journée de confiné s'organise comme une journée normale. Le matin, je m’attelle à la documentation, les recherches… Je me relis. L’après-midi, j’écris. Face à moi, un mur : je n’arriverais pas à me concentrer si je pouvais contempler mon jardin. Au-dessus de moi, je vois les nuages passer à travers deux vasistas. Je préfère écrire en entendant la pluie. Je suis plus inspiré par le romantisme des feuilles qui tombent et par le bruit du vent. »

 Et vous ? Racontez-nous comment vous vous adaptez, les difficultés que vous rencontrez et les solutions que vous inventez en écrivant à confinement@livreshebdo.fr
 

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